DIY – L’Horloge des moments de la journée

Ces derniers temps, Merveille s’embrouille avec les notions de temporalité.

Il me demande constamment « Et là Maman, on est le matin ou le soir ? ».

Du coup, j’ai eu l’idée de lui fabriquer une horloge reportant les moments de la journée. 20150810_181247

Ce qu’il faut….

Très simple à réaliser, il faut une imprimante, un cutter, un bâton de colle, une attache parisienne et un carton de format A4 (j’ai pris celui qui cale les bouteilles dans mes packs de lait).

Réalisation…

J’ai d’abord imprimé l’Horloge (que vous pouvez télécharger en cliquant ici), préalablement réalisée sur PowerPoint. Puis je l’ai découpé, et posé sur mon carton pour y reporter les contours.

Je les ai ensuite découpé au cutter, avant d’encoller les dessins dessus.

J’ai finalement attaché la flêche à l’aide d’une attache parisienne.

L’horloge a trouvé sa place sur notre porte d’entrée à l’aide d’un aimant que j’ai collé au dos du carton.

Condition sine qua non pour que ça fonctionne

Ne pas oublier de tourner la flêche 😉

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Mariage des couleurs – Atelier peinture

 

En rentrant de balade samedi, je me suis dit qu’il serait intéressant de montrer à Merveille que le mélange de deux ou plusieurs couleurs aboutissait à la naissance d’une nouvelle.

J’ai vu (sur je ne sais plus quel site) qu’une assistante maternelle proposait cette activité avec un panier à salade et les enfants avaient adoré.

Je me suis alors dit « Pourquoi pas ? Ca semble vraiment amusant ».

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Ca ne semble pas probant vu ainsi, mes je vous confirme que sous le panier, les couleurs se sont bien mélangées sur les parois du saladier.

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Pour la découverte des sensations, 3 supports différents ont été utilisés pour peindre les couleurs créées : Doigts, éponge, puis pinceau.

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Sur son cahier d’activité maison, nous avons reporté une synthèse des couleurs créées.

Je peux vous dire que cet atelier a été un succès auprès de Merveille -le panier à salade l’a beaucoup amusé-.

C’est lui qui a choisi, seul, de recréer ce qu’il avait vu le matin même, à savoir la forêt. Je suis bluffée par sa fresque, dont le dessin est très explicite. En effet, sur les dessins de l’école qu’il ramène à la maison, il se contente toujours de gribouiller, d’où mon étonnement.

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Randonnée en forêt

Sachant le mauvais temps prévu pour le week-end, nous avons profité du soleil qui s’attardait quelque peu samedi matin sur la région pour aller se ressourcer en forêt.

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2015-08-08 (40)Mon photographe en herbe mimait de capturer des images de tout ce qui lui plaisait avec son jouet.

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Ce fut un réel plaisir, d’autant qu’il faisait bien chaud dehors en partant de la maison, mais la forêt était fraîche et agréable.

Nous en avons profiter pour ramasser des feuilles afin de confectionner un herbier.

En rentrant, nous avons réaliser un atelier « Mariage des couleurs » avec Merveille à partir duquel il a confectionné une fresque sur la balade du matin.

Je vous montrerai le résultat dans un prochain article 😉

Quelques pages de tendresse

Lire est une activité familiale. Une passion dirais-je même. Nous avons 2 bibliothèques pleine à craquer des livres de Monsieur, et la collection de Merveille prend le même chemin. Ce n’est pas faute d’avoir fait le tri dedans, et d’avoir donner à Lumière ceux qui étaient trop « bébé » (ce qui n’empêche pas Merveille d’aller les regarder régulièrement). Bref, vous l’aurez compris, on aime vraiment ça chez nous.

J’ai donc décidé de vous faire partager nos lectures coup de cœur pour enfant. Ce sont à mon sens de vraies petites bulles de bonheur, des livres que nous affectionnons beaucoup Merveille et moi, à consommer de préférence sans modération.

+ Mon Amour +

de Pauline MARTIN et Astrid DESBORDES, édition Albin Michel JeunesseMon amour

Ce livre est le discours d’une maman à son fils. Elle lui explique l’aimer en toute situation : page de gauche, quand il fait quelque chose de bien et page de droite quand il fait moins bien dans la même situation. C’est un livre touchant qui permet aux enfants d’aborder le sujet des bêtises et celui des sentiments. Qu’une Maman (ou un Papa) peut être fâché, mais ne cesse pas pour autant d’aimer son enfant. Cela réconfortera tous ceux qui ont tendance à venir voir leur parent après une dispute en demandant « Tu m’aimes toujours ? ». Sans remettre en question mon amour pour lui après une punition, Merveille a quand même été très touché par ce livre. C’est notre préféré.

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+ Boîtes à bonheurs +

de Carl NORAC et Claude K. DUBOIS
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La maman de Lola veut lui offrir un cadeau. Mes quelle surprise lorsque cette dernière choisit un lot de boîtes à monter soi-même. Ravie, Lola rentre et ni une ni deux se dépêche de construire ses deux boîtes. Elle les montre ensuite fièrement à sa famille en expliquant que ce sont des boîtes à bonheur, la petite pour les petits bonheurs, et la grande pour les grands bonheurs. Elle fait ensuite le tri dans ses possessions pour les ranger dans l’une ou l’autre.

Très doux et attendrissant, ce livre incite les enfants à prendre conscience de ces petits riens qui font la joie de vivre et que l’on savoure avec bonheur chaque jour : un ancien doudou, un jolie caillou trouvé sur plage, une fleur cueillie dans le jardin, un dessin… tout ces petits trésors, Lola les niche dans ses boîtes, comme on les capture dans notre cœur pour toute la vie. Ce thème permet de prendre conscience qu’une chose apparemment insignifiante peut avoir une valeur très précieuse à ne pas négliger. Une bonne leçon que même les adultes ont tendance à oublier 😉

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+ Lou pti loup est jaloux +

d'Antoon KRINGS
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Les bébés c’est super mignon… surtout chez les copains ! Lorsque Lou pti loup devient grand frère à son tour, il part bouder dans sa chambre et réfléchi à un moyen de se débarrasser de cette nuisance qui lui vole l’attention de ses parents et fait trop de bruits. Il profite alors d’un moment d’inattention pour prendre son petit frère et l’emmener dans les bois où il l’abandonne… avant de se rendre compte quelque pas plus loin de l’énorme erreur qu’il vient de commettre « Mais que vont dire Papa et Maman ? », ni une, ni deux, il fait immédiatement demi-tour pour le récupérer et s’excuser en le serrant fort dans ses bras.

Je trouve que c’est un très bon livre pour parler de l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur, et des sentiments mitigés que sa présence procure à un enfant. Car même si l’aîné(e) aime bébé, ça n’empêche pas les mille et une raisons d’être jaloux-se. Quel enfant n’a pas rêvé l’espace d’une journée de voir sa petite sœur ou son petit frère disparaître ? Ce conte permet aux enfants d’aborder plus sereinement ce sujet qu’ils peuvent avoir du mal à exprimer, et d’en réaliser les conséquences, le tout en toute tendresse.

J’affectionne globalement toute la collection des Lou P’tit Loup, excepté le premier. Il y en a 4 de parus et un 5ème est prévu pour fin août.

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Les avez-vous déjà lu ? Qu’en avez-vous pensé ? Si vous avez d’autres livres à partager, n’hésitez pas à les faire connaître, notre petite famille sera ravie de les découvrir 😉

La fin des vacances

Bonjour à tous,

Le site sortira lundi de ses vacances estivales, les articles vont donc bientôt réapparaître. En attendant, voici un petit changement dans le design et une refonte de la page A propos.

Les dessins ne sont pas digne d’une artiste, mais ils ont le mérite d’être fait maison. Ils permettent ainsi de représenter notre petite famille.

Enjoy et bon week-end à tous !

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Contradiction des sentiments

Une semaine complète de vacances !!!!! Vous imaginez ? J’en rêvais depuis des mois…. je trépignais d’impatience depuis 3 semaines. J’étais surexcitée à son approche depuis 10 jours…

Et c’est finalement arrivé : nos premières vacances parentales en 4 ans !

Bien qu’au boulot toutes la semaine, nous avons laissé les enfants aux grands parents pour la semaine. Du coup, lorsqu’on rentre (quand on rentre, car je ne vous cache pas que les soirées chez les amis et les restau-cinés s’enchaînent), pas de bain à donner, de repas équilibrée à préparer, de sac à organiser, de bambins à occuper…
Bref de vraies vacances en somme !

La joie des vacances

Je suis en vacances des corvées, des caprices et de leur bazar qui traîne partout, des obligations parentales, des courses qui prennent le double de temps parce qu’on ne peut simplement laisser le caddie là pour se faufiler parmi la foule pour prendre un article.
Je suis en vacances des réveils en pleine nuit, des « debout maman ! » à 7h du mat., des couches qui puent fleurent bon la rose, du ménage à recommencer 5 minutes après l’avoir fini, des biberons à laver (spécialement les tétines, je déteste les tétines), des draps à laver parce que le grand a eu un accident en pleine nuit.
Je suis en vacances des nez à nettoyer, du circuit touristique nounou+école matin et soir, des cris de colères, des « maman » impatients en rafale…etc.

Le tout remplacer par une autorisation de sorties sans heure limite de retour sinon celui qu’on s’impose.

Pourtant…

Une absence poignante. Avant d’aller me coucher, je ne peux réprimer ce besoin d’aller dans leur chambre. Je hume leur odeur imprimée dans leur oreiller. Je regarde les lits, où nul petit corps tout chaud ne dort paisiblement, mais à la place un sentiment de vide. Le rituel du couché bisous – câlins fait défaut. Plus de rires qui résonne dans la maison. Plus de « je t’aime » murmurer tendrement à mon oreille. Aucune bouille craquante à souhait ne passe devant mon objectif.
Ces douces habitudes. On passe devant des vaches en train de paître, et notre première réaction est de se tourner vers l’arrière de la voiture pour prévenir… un siège complètement vide, on se regarde en riant de notre habitude. On sort des courses et naturellement la voiture fait la grand tour pour passer devant l’épouvantail au rond point, afin de faire plaisir à…. à personne en fait, c’est vrai nous ne sommes que tous les deux.

Est-ce moi qui suis contradictoire ? Tous les parents doivent-ils faire face à la même problématique sentimentale ? Comment gérez-vous ces « vacances » ?

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À qui il ressemble ?

Neuf mois d’attente à le caresser à travers notre ventre, le bercer en notre sein.
Une fois le prénom enfin choisi, le prononcer en cachette encore et encore, en l’imaginant : nous sourire à 6 mois, se retourner surpris à 4 ans et même nous répondre un « quoi maman ? » exaspéré à 10 ans. Bref, on l’imagine ! Mais quel visage lui donnez-vous ? Plutôt de vous ? Plutôt de votre moitié(e) ? Allez du 50/50 et c’est mon dernier mot !
Puis vient le jour J, un bébé tout neuf vient de naître et déjà les premiers visiteurs se pressent pour venir le rencontrer. Et là, l’Ultime question tombe « À qui bébé ressemble ? » « Oh moi je dirai que c’est le portrait craché de sa maman » « Mais non regardes c’est clairement son père ! » « De toute façon c’est génétique, tout le monde sait que les bébés ressemblent à leur père à la naissance, comme si la nature voulait les rassurer« . Et voilà tout est dit…
Tout le monde y va de son prognostique. Et cette ritournelle recommence à chaque fois qu’on croise untel ou unetelle. « Oh comme ton enfant a grandit, c’est clairement toi là dans ses traits« .
Ce scénario vous est vaguement familier ? Il fait écho à quelques vécus ?
C’est normal, je ne crois pas me tromper en affirmant que c’est globalement universel. Même nous, parents, cherchons constamment dans le visage de notre progéniture, l’affirmation physique qu’il ou elle tient de nous. C’est un phénomène qui nous rassure dans le fond, voir même qui nous rend fière, de pouvoir déclarer aux autres « mon enfant tient de moi ».
Moi-même je suis à la recherche de cette ressemblance sacrée chez mes fils (totalement absente soit dit en passant ! Heureusement que j’ai accouché d’eux sinon je pourrai me poser des questions ;-p ).
Puis, j’ai dernièrement dû entendre cette question une fois de trop il y a peu. Lorsqu’elle a été prononcée, elle m’a comme choqué, et je me souviens m’être dit « et après ? Ce n’est pas une nécessité ? Ça changera quoi qu’ils me ressemblent ou pas ? D’autant que je ne m’aime pas alors mieux ne vaut pas dans le fond, si ? »
Depuis je me pose la question de ce qui nous pousse à ressentir ce besoin ? Besoin de prouver que ce sont bien nos enfants ? Nécessité de se revoir jeune en eux ? Fierté ? Oui mais fierté de quoi ?
Qu’en pensez-vous ? Qu’avez-vous ressenti à cette question ? Vous cherchez-vous ou votre conjoint(e) en votre bébé au fur et à mesure de son évolution ?
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Je me rappelle… 4 ans déjà !

Un sourire idiot au bord des lèvres qui ne s’efface pas,

les yeux qui s’embuent devant des visages fantomatiques,

Le temps qui défilent et comme une impression de double vie :

Le coeur s’emballe au rythme des minutes qui s’écoulent

Des papillons dans le ventre se multiplient alors que l’heure approche

Un sentiment d’excitation dans tout le corps

Reminiscence des émotions de ce jour exceptionnel

Je me rappelle…

Du bout des lèvres au réveil un « bon anniversaire » prononcé,

Les yeux de maman dévorent du regard les effets du temps passé :

Hier un nourrisson a laissé place aujourd’hui au grand frère,

qui divertit « son bébé » en faisant le pitre pour lui.

Cette sensation de n’avoir rien vu passé, ni assez profité.

Je me rappelle…

Les aiguilles tombent enfin sur l’heure tant attendue;

Et dans la poitrine la joie explose,

les larmes coulent et les lèvres voudraient pouvoir rencontrer cette joue qu’elles ont tant embrassé depuis,

les bras voudraient l’envelopper pour un câlin plein de tendresse.

Mais tu es à l’école.

Je me rappelle…

Ce premier anniversaire loin l’un de l’autre est pour moi une déchirure.

Le corps au boulot, l’esprit à l’hôpital,

La tête en 2015, le coeur en 2011,

Une douceur à la limite de la schizophrénie, mais j’assume.

Je t’aime tant. Bon anniversaire mon petit homme !

Merci pour tout ce bonheur que tu as fait entrer dans nos vies.

 

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De tout mon coeur

Je viens d’achever la lecture d’un texte bouleversant. Une lettre d’amour d’une amie à sa famille. Paralyser par le deuil, son cœur nécessitait un message d’urgence,  pour crier aux uns les mots tuent aux autres,  car après tout cela va de soi, puis de toute façon on a tout le temps du monde… ou pas.

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Ma réaction naturelle est de répondre à ces appels de douleurs en lançant à travers mes réponses tout l’amour que j’ai pour cette personne. De lui ouvrir totalement mon cœur pour que l’espace d’un moment, elle vienne s’y reposer sereinement, oublier, être enveloppée et reparte apaisée.

Enfin c’est ce que j’imagine.

Comment, alors que j’y met tout ce que j’ai,  pourrait-il en être autrement ? Est-il seulement possible que l’autre ne perçoive pas la puissance que j’ai mis dans ces quelques mots ? Dans ce geste de soutien totale en la prenant dans mes bras cette fois-là ? Dans cet oubli de soi en envoyant balader tout mon programme demain juste pour venir la voir malgré une deadline déjà impossible à tenir ? On ne peut ignorer de tels sentiments qu’on reçoit,  si ?

Il semblerait que ce soit pourtant le cas…

C’est pourquoi les gens écrivent. Mettent de telles envolées lyriques sur leurs maux. Parce qu’autrement, nul ne le devinerai jamais. Alors ils composent, en imposent, font de belles proses. Ils sont lus, acclamés, car leurs mots raisonnent dans le cœur des autres. Les lecteurs se retrouvent dans ce qu’ils lisent, la mélodie leur parle.

Mais comment fait-on quant on a pas la science des mots ? Lorsqu’on assemble les pièces d’un puzzle compliqué qui reste silencieux pour les autres ? Que nul ne semble comprendre la symphonie que l’on vient de composer alors qu’elle était pourtant l’achèvement de tout ce qu’on a ?

Doit-on se taire ? Taire nos sentiments parce que finalement personne ne peux les comprendre ? Ou tenter vainement d’apprendre Leur langue jusqu’à l’épuisement mental ?

Je ne cesse pourtant pas de sentir.

Ressentir ce besoin de partager mes émotions. Mon bonheur, comme ma tristesse ou le soutien pour autrui. Mais mon instrument pour jouer ma musique semble cassé. Il sonne faux aux oreilles des autres.

Peut être est-ce la raison qui fait que je ressent aujourd’hui avec une telle intensité chaque sentiment. Ils me submergent tel un tsunami, me noient à chaque seconde, et je m’épuise souvent en essayant de retrouver la surface.

Mon inconscient s’oblige à ressentir si fort pour compenser le fait qu’il irradie si peu; que la tempête que j’exulte devienne brise légère. Ce qui atteint mon entourage n’est finalement qu’un très vague écho du sentiment initial. Je pallie donc à mon défaut de langue par une augmentation du potentiel affectif. A croire que ma tête n’a rien compris.

Quelques mots dissonants pour vous dire, toi ma sœur, toi mon amie, je vous aime, et même si mes mots sont un peu gauches, je suis là.

Cette minute où tout bascule

Vendredi soir. Une chaleur d’enfer toute la journée, les enfants sont surexcités. Je suis en retard ce soir-là à cause des sempiternels problèmes de transport (merci la SNCF). Monsieur est donc obligé d’emmener seul les enfants chez le médecin car Lumière a une conjonctivite depuis 2 semaines qui refuse de partir.

Malheureusement le vendredi c’est consultations libres, ce qui signifie le début d’une longue attente… Lorsqu’il arrive, 7 personnes devant lui. 1/4 d’heure de consultation par personne, soit 1h45 à patienter avant que ça ne soit le tour de Lumière.

Afin d’améliorer l’ambiance chaleureuse des lieux, la salle d’attente est une verrière et avec le soleil qui tape à 30°C, cela produit un charmant effet de serre, rendant les lieux un tantinet… étouffants !

Monsieur est donc vite débordé avec les enfants qui ne tiennent pas en place : le petit veut absolument marcher – sauf qu’il a encore besoin de nous tenir les mains pour se déplacer – et le grand veut courir partout. Et naturellement, Merveille qui réclame constamment tablette ou téléphone pour jouer, refuse ce moyen de canalisation. Ce serait trop facile…

Entre sa propre fatigue due à la chaleur, les regards noirs des autres patients parce que nos bambins font trop de bruit à leur goût et les enfants qui le sollicitent de toute part, il a vite fait de faire quelques concessions à première vue anodines pour réussir à tout gérer. Ainsi Merveille a le droit de faire des allers-retours en courant de la salle d’attente à l’entrée du bâtiment, sinon il devient intenable. Monsieur peut donc se consacrer à Lumière en gardant un œil sur Merveille.

Mais le cadet a vite fait d’accaparer toute son attention. Il met donc un certain temps à se rendre compte que Merveille met du temps à revenir cette fois. Il tend l’oreille et prend soudain conscience de cette absence de bruit angoissant. Pourtant on peut difficilement louper tout le tintamarre que fait l’aîné où qu’il soit. Alors pourquoi ce silence ?

Il prend Lumière à bras et va vérifier dans l’entrée, personne… Il veut demander aux secrétaires si elles ne l’auraient pas vu, d’autant qu’elles le connaissent bien, mais elles sont toutes les deux occupées par des appels téléphoniques.

La panique commence à monter. Ce moment d’angoisse ultime où tous les pires scénarios défilent dans notre tête. Où est-il ? Est-ce que quelqu’un l’a emmené ? A-t-il profité qu’une personne entrait ou sortait pour aller dans la rue ? Et s’il se faisait renverser ? Si on ne le revoyait jamais ?

Reprenant ses esprits, il court vérifier aux toilettes, on ne sait jamais, des fois que… des fois que par chance, il ai simplement eu envie et qu’il y soit allé sans rien dire, sans prévenir. De la chance, c’est ce qu’on ressent vraiment, ce à quoi on se raccroche désespérément en priant tout et n’importe quoi pour retrouver son enfant sain et sauf.

Quand il y arrive enfin, un petit bonhomme de bientôt 4 ans en sort, sourit simplement à son père en lui expliquant qu’il avait eu envie de faire pipi.

Et là Monsieur, les yeux embués, soulagé au-delà de ce que les mots peuvent exprimer, répond à son fils qu’il ne devrait jamais s’en aller sans prévenir. Merveille ne comprend pas, dit qu’il a prévenu la gentille dame à l’accueil. Pourquoi n’est-ce pas suffisant ? Il ne comprend pas la panique paternel, et n’entrevoit pas une seconde la raison pour laquelle son père semble si inquiet.

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Monsieur me racontera tout cela dans la soirée, la voix tremblante, les larmes aux yeux et le visage tordu d’angoisse au souvenir de ce qu’il a vécu, ressenti. Je crois qu’il n’est pas prêt d’oublier ce moment où il a bien cru que tout basculait. Une leçon qu’il n’est pas prêt d’oublier. On me dit mère angoissée, mais je ne sais que trop bien qu’il suffit d’une toute petite minute pour que notre monde s’écroule à jamais. Je préfère donc conserver cette étiquette et garder mes enfants indemnes, plutôt que faire partie des faits divers qui me retournent les tripes à chaque fois que je les lis.