Préparation césarienne – Le témoignage de Laëtitia

Ce jeudi Préparation césarienne est cette fois-ci consacré au témoignage de Laëtitia. Une maman qui a également accouché par césarienne programmée à la maternité privée d’Antony (en région parisienne). Un second témoignage très positif, donc sur 3 témoignages pour l’instant, nous en sommes à 2 encourageants sur les pratiques des équipes médicales. Comme quoi le tableau est loin d’être tout noir 😉 Vous noterez que l’équipe a demandé à cette maman de pousser pour les aider à sortir sa fille !!! Pratique dont je vous parlais dans cet article et qui montre que l’on peut être actrice de son accouchement, même avec une césarienne !

N’hésitez pas à m’envoyer le vôtre à mystsuki@gmail.com 

jeudisc


Aviez-vous préparer un projet de naissance pour la césarienne ? Si oui, a-t-il été respecté ? Qu’aviez-vous mis dedans (pour en inspirer d’autres, si cela n’est pas indiscret) ?

Je n’avais rien préparé de particulier. On m’a expliqué le mode opératoire classique de la césarienne programmée pratiqué dans cet hôpital et il me convenait tout à fait. Je souhaitais simplement que mon mari soit présent et j’avais bien spécifié que je souhaitais allaiter.

Comment vous êtes-vous préparer à cette naissance particulière ? (psychologiquement et physiquement)

Je ne fais pas partie des femmes qui attendent avec impatience leur accouchement et le voient comme une étape importante de leur vie de femme. Pour moi, l’accouchement est simplement une manière de faire naître le bébé, et je me fichais pas mal de la façon dont il allait se dérouler, du moment que ça se passe bien et que mon bébé soit en bonne santé. J’ai finalement pris la décision de demander une césarienne car mon bébé était en siège et les mesures du bassin étaient un peu justes. L’équipe médicale était d’avis de tenter un accouchement par voie basse mais ça me paraissait trop risqué. J’avais l’impression que j’avais de grandes chances de subir une césarienne d’urgence, qui comporte plus de risques et se déroule davantage dans la précipitation. J’avais aussi peur que mon accouchement s’éternise et que mon bébé finisse par en souffrir. Dans mon métier, je vois beaucoup d’enfants qui souffrent de pathologies du langage et dont la naissance s’est mal passée. Le lien entre les deux n’est pas clairement établi mais ça fait réfléchir.
Donc après avoir pesé le pour et le contre, je me suis dit que quitte à avoir de grandes chances d’avoir finalement une césarienne d’urgence, je préférais une césarienne programmée.

L’équipe médicale vous a-t-elle assez informée sur ce qui allait se dérouler le jour J ?

Oui, tout à fait. Ma sage femme (libérale mais rattachée à l’hôpital), mon obstétricien et l’anesthésiste ont été très précis dans leurs explications et tout s’est déroulé comme annoncé.

Comment la préparation s’est-elle passée ? (accueil la veille ou le jour même ? Dans quelles conditions ? Les heures précédant la césarienne ?… etc.)

J’avais rendez-vous le matin même. On m’a demandé de téléphoner avant de partir pour m’assurer qu’ils n’avaient pas trop d’urgences, qu’un bloc était libre et ne pas me faire attendre sur place pour rien. J’étais à jeun et j’avais dû prendre une douche à la bétadine la veille au soir et le matin même. A notre arrivée à l’hopital, on nous a installés mon mari et moi dans une salle utilisée habituellement pour les accouchements par voie basse pour un monitoring de 30 Min. Puis, au moment où nous allions partir au bloc, une urgence s’est présentée et nous avons dû patienter.

Comment cela s’est-il déroulé ? (Avec le Papa dans la salle d’opération ? Étiez-vous réveillée ? Avez-vous pu profiter de bébé ?…)

J’ai d’abord été emmenée seule au bloc. L’anesthésiste et une aide soignante ont installé la péridurale. Toutes les deux étaient très rassurantes. L’anesthésiste m’expliquait pas à pas ce qu’elle faisait, tout s’est très bien passé et je n’ai rien senti. La sensation de la rachis-anesthésie est assez curieuse : je ne sentais plus du tout mes jambes, comme si elles n’existaient plus mais je sentais quand on me touchait la peau.
Ensuite, mon obstétricien est entré et l’équipe a installé les champs puis a fait entrer mon mari. L’ambiance était très détendue, l’équipe discutait et plaisantait avec nous. L’anesthésiste a continuer à nous informer de toutes les étapes. Au moment le la sortie de bébé, ils m’ont demandé de pousser 3 ou 4 fois pour les aider à la sortir. Tout est allé très vite.
Ils m’ont montré ma fille et sont tout de suite allés aspirer les sécrétions qu’elle avait dans les voies respiratoires et qui n’avaient pas pu être évacuées puisque je n’avais pas eu de contractions. Ensuite, ils l’ont posé sur moi et me l’ont laissée une dizaine de minutes. Ils l’ont ensuite emmenée pour la mettre en peau à peau avec son papa dans la salle où nous étions installés avant l’opération. Le temps qu’ils me recousent, je les ai rejoints environ 15 min après et nous sommes restés tous les trois tranquilles pendant 3h. Quelqu’un passait voir de temps en temps si tout allait bien. Quand ils ont trouvé que j’arrêtais suffisamment de saigner, ils nous ont emmenés dans la chambre que j’ai gardée pendant tout le séjour.

Comment l’avez vous vécu physiquement et surtout psychologiquement ? Avez-vous eu besoin de faire le deuil de cette naissance idéalisée ?

Physiquement, je me suis très bien remise. Je cicatrise vite et je n’ai pas trouvé les suites de l’intervention particulièrement douloureuses. Psychologiquement, comme je n’avais pas d’idée de naissance idéalisée, je n’ai pas ressenti de difficultés particulières non plus. Je suis quelqu’un d’assez cartésien et rationnel, du coup le côté programmé, prévu et organisé avait quelque chose de rassurant.

Avez-vous pu en discuter avec d’autres ? (Autres mamans césarisées, personnel médical, votre entourage)

Mon conjoint trouvait que c’était à moi de prendre la décision et m’avait dit qu’il me soutiendrai quelle qu’elle soit. Mon entourage était rassuré que je demande une césarienne car les accouchements par voie basse en siège sont généralement perçus comme dangereux.
J’en ai beaucoup discuté avec mon obstétricien car ma décision était contraire à son avis. Comme aujourd’hui, la décision finale revient aux parents, il ne pensait pas s’étendre sur la question mais j’ai insisté car je tenais vraiment à savoir si ma demande de césarienne était ridicule et injustifiée d’un point de vue médical. Il m’a assuré que non, pas du tout, et que même si lui était d’avis de tenter par voie basse pour éviter une intervention chirurgicale, il était vrai que j’avais de fortes chances d’avoir une césarienne d’urgence et qu’elles étaient plus risquées. En fait, il avait surtout peur que je regrette ma décision après coup, ce qui n’est pas du tout le cas. La naissance de ma fille a été très rapide et sereine, j’en gade un très bon souvenir.

Quel sentiment ces discussions vous ont-elles renvoyé ? Ils échangeaient avec vous, ou encore ne savaient pas quoi vous répondre, ou vous écoutaient simplement ou bien ont refusé de comprendre… ?

L’équipe médicale était très à l’écoute. Ils nous ont donné très clairement leur point de vue, mais tout en nous disant que la décision finale était la notre, qu’ils la respecteraient et qu’être parents consistait à prendre des décisions pour son enfant, ce qui commençait maintenant. Ils nous ont bien précisé que si on sentait que la césarienne était la solution que l’ont « sentait » le plus, il fallait partir là dessus, parce que c’était notre vécu qui importait et que la naissance d’un enfant était une étape très importante et personnelle.

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