Contradiction des sentiments

Une semaine complète de vacances !!!!! Vous imaginez ? J’en rêvais depuis des mois…. je trépignais d’impatience depuis 3 semaines. J’étais surexcitée à son approche depuis 10 jours…

Et c’est finalement arrivé : nos premières vacances parentales en 4 ans !

Bien qu’au boulot toutes la semaine, nous avons laissé les enfants aux grands parents pour la semaine. Du coup, lorsqu’on rentre (quand on rentre, car je ne vous cache pas que les soirées chez les amis et les restau-cinés s’enchaînent), pas de bain à donner, de repas équilibrée à préparer, de sac à organiser, de bambins à occuper…
Bref de vraies vacances en somme !

La joie des vacances

Je suis en vacances des corvées, des caprices et de leur bazar qui traîne partout, des obligations parentales, des courses qui prennent le double de temps parce qu’on ne peut simplement laisser le caddie là pour se faufiler parmi la foule pour prendre un article.
Je suis en vacances des réveils en pleine nuit, des « debout maman ! » à 7h du mat., des couches qui puent fleurent bon la rose, du ménage à recommencer 5 minutes après l’avoir fini, des biberons à laver (spécialement les tétines, je déteste les tétines), des draps à laver parce que le grand a eu un accident en pleine nuit.
Je suis en vacances des nez à nettoyer, du circuit touristique nounou+école matin et soir, des cris de colères, des « maman » impatients en rafale…etc.

Le tout remplacer par une autorisation de sorties sans heure limite de retour sinon celui qu’on s’impose.

Pourtant…

Une absence poignante. Avant d’aller me coucher, je ne peux réprimer ce besoin d’aller dans leur chambre. Je hume leur odeur imprimée dans leur oreiller. Je regarde les lits, où nul petit corps tout chaud ne dort paisiblement, mais à la place un sentiment de vide. Le rituel du couché bisous – câlins fait défaut. Plus de rires qui résonne dans la maison. Plus de « je t’aime » murmurer tendrement à mon oreille. Aucune bouille craquante à souhait ne passe devant mon objectif.
Ces douces habitudes. On passe devant des vaches en train de paître, et notre première réaction est de se tourner vers l’arrière de la voiture pour prévenir… un siège complètement vide, on se regarde en riant de notre habitude. On sort des courses et naturellement la voiture fait la grand tour pour passer devant l’épouvantail au rond point, afin de faire plaisir à…. à personne en fait, c’est vrai nous ne sommes que tous les deux.

Est-ce moi qui suis contradictoire ? Tous les parents doivent-ils faire face à la même problématique sentimentale ? Comment gérez-vous ces « vacances » ?

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À qui il ressemble ?

Neuf mois d’attente à le caresser à travers notre ventre, le bercer en notre sein.
Une fois le prénom enfin choisi, le prononcer en cachette encore et encore, en l’imaginant : nous sourire à 6 mois, se retourner surpris à 4 ans et même nous répondre un « quoi maman ? » exaspéré à 10 ans. Bref, on l’imagine ! Mais quel visage lui donnez-vous ? Plutôt de vous ? Plutôt de votre moitié(e) ? Allez du 50/50 et c’est mon dernier mot !
Puis vient le jour J, un bébé tout neuf vient de naître et déjà les premiers visiteurs se pressent pour venir le rencontrer. Et là, l’Ultime question tombe « À qui bébé ressemble ? » « Oh moi je dirai que c’est le portrait craché de sa maman » « Mais non regardes c’est clairement son père ! » « De toute façon c’est génétique, tout le monde sait que les bébés ressemblent à leur père à la naissance, comme si la nature voulait les rassurer« . Et voilà tout est dit…
Tout le monde y va de son prognostique. Et cette ritournelle recommence à chaque fois qu’on croise untel ou unetelle. « Oh comme ton enfant a grandit, c’est clairement toi là dans ses traits« .
Ce scénario vous est vaguement familier ? Il fait écho à quelques vécus ?
C’est normal, je ne crois pas me tromper en affirmant que c’est globalement universel. Même nous, parents, cherchons constamment dans le visage de notre progéniture, l’affirmation physique qu’il ou elle tient de nous. C’est un phénomène qui nous rassure dans le fond, voir même qui nous rend fière, de pouvoir déclarer aux autres « mon enfant tient de moi ».
Moi-même je suis à la recherche de cette ressemblance sacrée chez mes fils (totalement absente soit dit en passant ! Heureusement que j’ai accouché d’eux sinon je pourrai me poser des questions ;-p ).
Puis, j’ai dernièrement dû entendre cette question une fois de trop il y a peu. Lorsqu’elle a été prononcée, elle m’a comme choqué, et je me souviens m’être dit « et après ? Ce n’est pas une nécessité ? Ça changera quoi qu’ils me ressemblent ou pas ? D’autant que je ne m’aime pas alors mieux ne vaut pas dans le fond, si ? »
Depuis je me pose la question de ce qui nous pousse à ressentir ce besoin ? Besoin de prouver que ce sont bien nos enfants ? Nécessité de se revoir jeune en eux ? Fierté ? Oui mais fierté de quoi ?
Qu’en pensez-vous ? Qu’avez-vous ressenti à cette question ? Vous cherchez-vous ou votre conjoint(e) en votre bébé au fur et à mesure de son évolution ?
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Je me rappelle… 4 ans déjà !

Un sourire idiot au bord des lèvres qui ne s’efface pas,

les yeux qui s’embuent devant des visages fantomatiques,

Le temps qui défilent et comme une impression de double vie :

Le coeur s’emballe au rythme des minutes qui s’écoulent

Des papillons dans le ventre se multiplient alors que l’heure approche

Un sentiment d’excitation dans tout le corps

Reminiscence des émotions de ce jour exceptionnel

Je me rappelle…

Du bout des lèvres au réveil un « bon anniversaire » prononcé,

Les yeux de maman dévorent du regard les effets du temps passé :

Hier un nourrisson a laissé place aujourd’hui au grand frère,

qui divertit « son bébé » en faisant le pitre pour lui.

Cette sensation de n’avoir rien vu passé, ni assez profité.

Je me rappelle…

Les aiguilles tombent enfin sur l’heure tant attendue;

Et dans la poitrine la joie explose,

les larmes coulent et les lèvres voudraient pouvoir rencontrer cette joue qu’elles ont tant embrassé depuis,

les bras voudraient l’envelopper pour un câlin plein de tendresse.

Mais tu es à l’école.

Je me rappelle…

Ce premier anniversaire loin l’un de l’autre est pour moi une déchirure.

Le corps au boulot, l’esprit à l’hôpital,

La tête en 2015, le coeur en 2011,

Une douceur à la limite de la schizophrénie, mais j’assume.

Je t’aime tant. Bon anniversaire mon petit homme !

Merci pour tout ce bonheur que tu as fait entrer dans nos vies.

 

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De tout mon coeur

Je viens d’achever la lecture d’un texte bouleversant. Une lettre d’amour d’une amie à sa famille. Paralyser par le deuil, son cœur nécessitait un message d’urgence,  pour crier aux uns les mots tuent aux autres,  car après tout cela va de soi, puis de toute façon on a tout le temps du monde… ou pas.

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Ma réaction naturelle est de répondre à ces appels de douleurs en lançant à travers mes réponses tout l’amour que j’ai pour cette personne. De lui ouvrir totalement mon cœur pour que l’espace d’un moment, elle vienne s’y reposer sereinement, oublier, être enveloppée et reparte apaisée.

Enfin c’est ce que j’imagine.

Comment, alors que j’y met tout ce que j’ai,  pourrait-il en être autrement ? Est-il seulement possible que l’autre ne perçoive pas la puissance que j’ai mis dans ces quelques mots ? Dans ce geste de soutien totale en la prenant dans mes bras cette fois-là ? Dans cet oubli de soi en envoyant balader tout mon programme demain juste pour venir la voir malgré une deadline déjà impossible à tenir ? On ne peut ignorer de tels sentiments qu’on reçoit,  si ?

Il semblerait que ce soit pourtant le cas…

C’est pourquoi les gens écrivent. Mettent de telles envolées lyriques sur leurs maux. Parce qu’autrement, nul ne le devinerai jamais. Alors ils composent, en imposent, font de belles proses. Ils sont lus, acclamés, car leurs mots raisonnent dans le cœur des autres. Les lecteurs se retrouvent dans ce qu’ils lisent, la mélodie leur parle.

Mais comment fait-on quant on a pas la science des mots ? Lorsqu’on assemble les pièces d’un puzzle compliqué qui reste silencieux pour les autres ? Que nul ne semble comprendre la symphonie que l’on vient de composer alors qu’elle était pourtant l’achèvement de tout ce qu’on a ?

Doit-on se taire ? Taire nos sentiments parce que finalement personne ne peux les comprendre ? Ou tenter vainement d’apprendre Leur langue jusqu’à l’épuisement mental ?

Je ne cesse pourtant pas de sentir.

Ressentir ce besoin de partager mes émotions. Mon bonheur, comme ma tristesse ou le soutien pour autrui. Mais mon instrument pour jouer ma musique semble cassé. Il sonne faux aux oreilles des autres.

Peut être est-ce la raison qui fait que je ressent aujourd’hui avec une telle intensité chaque sentiment. Ils me submergent tel un tsunami, me noient à chaque seconde, et je m’épuise souvent en essayant de retrouver la surface.

Mon inconscient s’oblige à ressentir si fort pour compenser le fait qu’il irradie si peu; que la tempête que j’exulte devienne brise légère. Ce qui atteint mon entourage n’est finalement qu’un très vague écho du sentiment initial. Je pallie donc à mon défaut de langue par une augmentation du potentiel affectif. A croire que ma tête n’a rien compris.

Quelques mots dissonants pour vous dire, toi ma sœur, toi mon amie, je vous aime, et même si mes mots sont un peu gauches, je suis là.

Cette minute où tout bascule

Vendredi soir. Une chaleur d’enfer toute la journée, les enfants sont surexcités. Je suis en retard ce soir-là à cause des sempiternels problèmes de transport (merci la SNCF). Monsieur est donc obligé d’emmener seul les enfants chez le médecin car Lumière a une conjonctivite depuis 2 semaines qui refuse de partir.

Malheureusement le vendredi c’est consultations libres, ce qui signifie le début d’une longue attente… Lorsqu’il arrive, 7 personnes devant lui. 1/4 d’heure de consultation par personne, soit 1h45 à patienter avant que ça ne soit le tour de Lumière.

Afin d’améliorer l’ambiance chaleureuse des lieux, la salle d’attente est une verrière et avec le soleil qui tape à 30°C, cela produit un charmant effet de serre, rendant les lieux un tantinet… étouffants !

Monsieur est donc vite débordé avec les enfants qui ne tiennent pas en place : le petit veut absolument marcher – sauf qu’il a encore besoin de nous tenir les mains pour se déplacer – et le grand veut courir partout. Et naturellement, Merveille qui réclame constamment tablette ou téléphone pour jouer, refuse ce moyen de canalisation. Ce serait trop facile…

Entre sa propre fatigue due à la chaleur, les regards noirs des autres patients parce que nos bambins font trop de bruit à leur goût et les enfants qui le sollicitent de toute part, il a vite fait de faire quelques concessions à première vue anodines pour réussir à tout gérer. Ainsi Merveille a le droit de faire des allers-retours en courant de la salle d’attente à l’entrée du bâtiment, sinon il devient intenable. Monsieur peut donc se consacrer à Lumière en gardant un œil sur Merveille.

Mais le cadet a vite fait d’accaparer toute son attention. Il met donc un certain temps à se rendre compte que Merveille met du temps à revenir cette fois. Il tend l’oreille et prend soudain conscience de cette absence de bruit angoissant. Pourtant on peut difficilement louper tout le tintamarre que fait l’aîné où qu’il soit. Alors pourquoi ce silence ?

Il prend Lumière à bras et va vérifier dans l’entrée, personne… Il veut demander aux secrétaires si elles ne l’auraient pas vu, d’autant qu’elles le connaissent bien, mais elles sont toutes les deux occupées par des appels téléphoniques.

La panique commence à monter. Ce moment d’angoisse ultime où tous les pires scénarios défilent dans notre tête. Où est-il ? Est-ce que quelqu’un l’a emmené ? A-t-il profité qu’une personne entrait ou sortait pour aller dans la rue ? Et s’il se faisait renverser ? Si on ne le revoyait jamais ?

Reprenant ses esprits, il court vérifier aux toilettes, on ne sait jamais, des fois que… des fois que par chance, il ai simplement eu envie et qu’il y soit allé sans rien dire, sans prévenir. De la chance, c’est ce qu’on ressent vraiment, ce à quoi on se raccroche désespérément en priant tout et n’importe quoi pour retrouver son enfant sain et sauf.

Quand il y arrive enfin, un petit bonhomme de bientôt 4 ans en sort, sourit simplement à son père en lui expliquant qu’il avait eu envie de faire pipi.

Et là Monsieur, les yeux embués, soulagé au-delà de ce que les mots peuvent exprimer, répond à son fils qu’il ne devrait jamais s’en aller sans prévenir. Merveille ne comprend pas, dit qu’il a prévenu la gentille dame à l’accueil. Pourquoi n’est-ce pas suffisant ? Il ne comprend pas la panique paternel, et n’entrevoit pas une seconde la raison pour laquelle son père semble si inquiet.

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Monsieur me racontera tout cela dans la soirée, la voix tremblante, les larmes aux yeux et le visage tordu d’angoisse au souvenir de ce qu’il a vécu, ressenti. Je crois qu’il n’est pas prêt d’oublier ce moment où il a bien cru que tout basculait. Une leçon qu’il n’est pas prêt d’oublier. On me dit mère angoissée, mais je ne sais que trop bien qu’il suffit d’une toute petite minute pour que notre monde s’écroule à jamais. Je préfère donc conserver cette étiquette et garder mes enfants indemnes, plutôt que faire partie des faits divers qui me retournent les tripes à chaque fois que je les lis.

Be kind, rewind

La vie n’est pas un film hélas. Nous ne pouvons ni accélerer les périodes difficiles d’attente, de douleurs ou d’angoisse, ni ralentir les plus beaux instants de bonheur, de découvertes, de surprises et d’amour.

Pourtant, qu’est-ce que j’aimerai… j’aimerai avoir une télécommande qui me permette juste de faire pause ou retour arrière.

Faire Pause

sur un sourire, parce qu’à ce moment là ils sont les plus beaux;

sur leur rire, qui font battre mon coeur à 100 à l’heure;

sur une première fois, parce qu’on a ressenti une telle fierté devant leurs essaies débouchant sur leur réussite;

sur une journée, car il tellement rare que tout soit parfait durant toute une journée avec des enfants, mais quand ça arrive, on les consommerai sans modération !

sur un bisou, donné simplement en toute tendresse, sans avoir rien réclamé;

sur une sieste, parce qu’il est tellement bon de les avoir près de soit sans qu’ils courent partout;

sur un instant, celui où juste avant de me coucher, je passe dans leur chambre les regarder dormir, ce moment où ils semblent être de nouveau seulement des bébés;

sur un jeu, où nous étions tous en parfaite harmonie, simplement à rire et partager;

Retour arrière

le temps d’une soirée, pouvoir revenir à cette période sans enfant, où nous étions seuls tous les 2 et incousciants; Mais se réveiller le lendemain matin avec nos enfants et plein de câlins.

le temps d’une tétée, pouvoir revivre ces instants uniques de partage avec M. où confortablement installés dans notre bulle d’amour, seuls mon bébé et moi existons;

le temps d’une semaine, les retrouver nourrissons avec les premiers sourires et les premiers « aheu »;

le temps d’une journée, revivre le jour de leur arrivée;

le temps d’un rire, revivre ses souvenirs qui scintillent dans ma tête, parce qu’ils étaient si magiques;

le temps d’un pas, revoir la fierté dans leur regard au moment de leurs premiers pas, leur première déclaration d’autonomie;

le temps d’un câlin, retrouver la tendresse de la première année où ils dormaient lovés tout contre moi, où je m’ennivrais de l’odeur de leur tête toute chaude contre ma joue;

le temps d’une phrase, car l’entendre dire ça fut mémorable;

Mes photographies sont en quelques sortent cette télécommande. Je les regarde et revois ces instants, je les mets en pause dans ma tête ou les repasse en boucle. Cependant, qu’est-ce que je ne donnerai pas pour les revivre vraiment le temps d’un instant…

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1, 2, 3, 4…

Concrètement avoir 4 enfants, ça signifie quoi : beaucoup, BEAUCOUP de boulot, d’inconscience de courage, de disputes, d’amour, de vaisselle à laver, de linge à nettoyer, de devoirs à superviser… Bref ça m’assomme rien que d’y penser.

Mais en fait, tout ça n’est pas vraiment le sujet du jour. Non, je ne veux pas vous parler de ce que ça fait d’avoir une grande fraterie, mais ce que ça fait d’en faire partie !

En effet, je fais partie d’une fraterie de 4 filles. Je suis la numéro 3, j’ai donc 2 aînées (S. et C.) et une petite (surnommée Petit monstre). J’ai respectivement 7, 5 et 7 ans de différence avec chacune d’elles.

Les 4 filles du Dr March

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4 soeurs semblables ?

Alors pour commencer, nous avons le sentiment d’avoir été élevées de la même manière (sauf Petit monstre, mais on sait bien que les parents sont toujours plus cool avec les petits derniers 😉 ). Cependant, malgré cette éducation apparemment semblable, nous sommes complètement différentes les unes des autres. En fait nous sommes l’exacte reflet caractériel des 4 filles du Dr March… L’aînée est douce et généreuse, la seconde garçon manqué et directive, moi timide et effacée et la cadette gâtée et piplette.
A dire vrai, même si nous (les 3 aînées) nous ressemblons physiquement, on va rarement nous dire que les unes font penser aux autres. Vous savez, quand une vieille tante va vous balancer « ah là j’aurai juré avoir ta soeur/ton frère devant moi avec cette expression ». Ben nous, pas tant que ça en fait… Parce que bien qu’ayant grandi ensemble, nous avons toutes des personnalités bien à nous.

Quel relationnel une fois adulte ?

Soyons bien clairs : je n’échangerai mes soeurs pour RIEN au monde. On a nos goûts, nos caractères, nos ressentiments, des froids parfois, mais je peux dire en toute certitude qu’au fond, nous sommes soudées et on s’adore.
On est pas collées toutes les semaines au téléphone les unes avec les autres -même si certaines le préféreraient (désolée soeurette je ne suis pas téléphone)- néanmoins se voir est un réel plaisir. On essaye tant bien que mal de se voir une fois par mois mais avec les enfants de chacunes, nos vies et les aléas, cet emploi du temps est rarement tenu. Ne parlons même pas de se réunir toutes les 4… Ca n’arrive qu’une fois par an malheureusement.

Quelle enfance ?

En dehors de Petit monstre, du fait que ma soeur aînée a quitté le nid à 20 ans et qu’elles ont 14 ans de différence, nous avons globalement grandi ensemble. Même si, des souvenirs de mon enfance, je ne garde de S. qu’une porte de chambre toujours fermée…

Les journées à la maison était pleine de bruits, de discussions, de rire, de jeux, et étrangement de peu de chicaneries, ou alors je les ai effacé de ma mémoire… En revanche nous étions peu câlin et avions (avons encore, pour être parfaitement honnête) très souvent tendance à nous envoyer des vannes dans la figure, ce qui ne manquait jamais de faire râler notre mère qui craignait constament que nous tombions en froid. Elle ne comprend pas que nous taquiner est notre façon à nous de nous dire que nous tenons les unes aux autres. Personne ne s’en vexe, nous sommes ainsi. On envoie une pic à l’une, voir sur nous même et tout le monde en rigole.

Ce que ça représente aujourd’hui ?

Un lien unique. On ne se connaît pas par coeur, il y a donc toujours des choses à découvrir. On se blesse parfois, on s’aime tout le temps. Un coup ce sont des reproches inavoués et un autre c’est la grande déclaration d’amour (encore au baptême de Lumière). On se va pas se voir pendant une longue période (pour cause d’emploi du temps) et celle d’après on va se voire souvent. Bref, notre relation ce sont les montagnes russes et c’est ce que j’aime. Ce n’est pas une relation instable, mais une relation vivante ! Mais surtout… surtout… une relation pleine de tendresse.

Comment retrouver la magie des cadeaux ?

Les 4 ans de Merveille arrivent à grand pas…

Et tout l’entourage nous demande quel cadeau ils peuvent acheter. Et bien c’est un vrai casse tête !

grand parents maternels + grand parents paternels + 3 tantes (dont 1 marraine) + 1 oncle + 1 parrain + ses parents = un petit garçon hyper gâté à chaque fête.

Sa chambre est rempli de jouets; avec son père, nous trouvons même quil en a beaucoup trop, au point de ne pas comprendre la chance qu’il a. J’ai le sentiment qu’il y a comme un côté désabusé aujourd’hui chez beaucoup d’enfants. Ils ont des chambres remplis de jouets et considèrent néanmoins qu’ils n’en ont jamais assez. Ils jouent 2 fois avec un jouet avant de l’abandonner dans un coin.

Petite, avec mes soeurs, nous avions bien moins de cadeaux et ne les en apprécions que plus. Nous chérissions ceux que nous avions et jouaient avec au point qu’ils aient ce côté usé du « souvent utilisé ». Recevoir des cadeaux à Noël et à mon anniversaire était pour moi une source d’émerveillement. C’était une joie sincère et profonde que je ne trouve plus dans le regard des enfants de maintenant. Et quand j’en parle aux autres parents, nous tombons tous d’accord sur ce ressenti commun.

J’ai beaucoup réfléchi sur la solution a y apporter : Faire un gros cadeau commun pour qu’il en ai moins ? Oui, mais le hic c’est que tout le monde préfère acheter un cadeau plutôt que verser une participation. Ils ont l’impression de recevoir moins de crédits si ils participent.

Du coup, nous avons opté pour des cadeaux ludiques, qui sont je pense le moindre mal. Là où Merveille réclame à tord et à travers dinosaures et voitures qu’il a déjà en nombre conséquent, nous avons plutôt opté pour des jouets mûrement réfléchis :

Un vélo. Il n’en a pas fait la demande mais je pense que c’est une bonne chose pour l’aider dans sa motricité (il tombe souvent), lui muscler les jambes (il a très peu de force dans les jambes), et lui faire faire un peu de sport (il déborde toujours d’énergie, cela l’aidera à en évacuer un peu et c’est bon pour la santé). Nous sommes aller en magasin hier voir quelle taille/modèle lui irait bien. Il a tellement aimé que nous n’arrivions plus à l’en décrocher…

Un déguisement de spiderman. Je confesse ne lui avoir jamais acheté de déguisement. Du coup, à la dernière fête de l’école, j’ai eu un peu honte car Merveille était le seul sans déguisement… Ce cadeau-ci est à sa demande. J’ai trouvé que c’était une bonne idée socialement (ainsi il ne sort pas de la masse en étant le seul sans rien, et le sujet est à la mode dans les cours de récré), et pour l’imagination (car cela lui permet de développer ses capacités d’invention à traver les histoires qu’il crééra en portant ce costume).

– Du Super Sand. C’est du  sable 100% naturel et hypoallergénique qui permet de créer des sculptures de sable. Le concept est le même que celui de la pâte à modeler, sauf que c’est très doux au toucher, très facile à utiliser, c’est d’une seule couleur (ainsi on ne conclue pas l’atelier par une seule boule multicolore ultra moche), et si on l’oublie, ça ne sèche pas ! Merveille l’a testé au nouvel an chez une tante et il avait tellement apprécié, que ça fait 6 mois que j’ai ce cadeau en tête. C’est donc bon pour l’imagination comme pour le développement sensoriel (lui et Lumière apprécieront le toucher), l’imagination et la créativité.

– Le coffret de lecture Montessori. Il adore les livres mais l’alphabet ne semble pourtant pas l’attirer. Je veux par ce biai l’initier aux lettres de manière ludique en me basant sur une méthode d’apprentissage que j’apprécie grandement car elle respecte l’enfant.

Quoiqu’il en soit je me rend compte que je finis invariablement par échouer soit chez Oxybul soit chez Nature & Découverte, car ce sont des enseignes axées sur les développements cognitifs de l’enfant à travers des jeux ludiques, visuellement agréables et très sympathiques.

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La porte du bonheur

« Maman, je suis né dans un chou ou dans une rose ?

Ni l’un ni l’autre mon chéri, toi, tu es né par une porte… »

Je fais partie des mamans magiques ! Non, ce n’est pas une plaisanterie. Comme 1/5 des mamans, j’ai une porte secrète, que seul mon amoureux peut voir. Cette porte est habituellement scellée, mais elle s’est ouverte 2 fois par le passé, et les 2 fois, ce fut pour apporter un immense bonheur dans ma vie; ces merveilleux cadeaux qu’elle m’a fait, ce sont mes fils.

Aveuglée par l’ignorance, j’en ai longtemps voulu à cette porte du bonheur. Pourtant, elle, fidèle à la joie qu’elle m’avait prodigué, me retourne un éternel sourire figé à jamais dans ma chair, fière de ce qu’elle a accompli, et qui n’est rien de moins que le don de la vie.

Un jour, une autre maman magique témoigna dans un magazine parental qu’elle avait enfin ouvert les yeux et vu ce qui se tenait devant elle depuis tant de temps. Elle dénommait cela « le sourire de la vie« . Il ne me fallu rien de moins que ces quelques mots pour voir à mon tour, pour la première fois, ce qui était depuis le début.

Les mots recèlent de grands pouvoirs : ceux de blesser, mais surtout de guérir. En l’occurence, les siens venaient de me guérir.

Je ne sais pas qui est cette maman, mais je la remercie. Aujourd’hui grâce à elle, je peux lever la tête et dire avec fierté à tous que j’ai la preuve que j’ai mis mes enfants au monde, une part d’eux qui reste pour toujours et à jamais avec moi. J’ai un trésor que d’autres mamans n’ont pas : un sourire que m’ont laissé mes enfants en venant à la vie, comme un remerciement éternel de ce cadeau que je leur ai fait.

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De la guerre à l’amour, relation fraternelle

« Avec les garçons, tout n’est qu’une question de territoire »

Voilà ce que m’a dit une amie il y a peu, et ce fut pour moi comme une révélation. Cette simple phrase expliquait bien des choses.

Cela éclairait le comportement de mes garçons, qui passent d’un amour inconditionnel à une guerre sans merci en l’espace de 5 minutes.

Les plus tendres câlins et mots d’amour éternel font place aux coups de griffes, hurlements et violentes bousculades en une fraction de seconde.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que l’un a osé toucher au jouet de l’autre ou fait mine de squatter la chambre adverse.

Car au final, lorsque « Son » territoire est empiété, c’est bien un combat sans merci qui commence où le camp opposé devient l’ennemi juré.

Une guerre des tranchés délimitée par une frontière invisible ou clairement signalé par des jouets (sur lesquels on a le dont de marcher et de se faire hyper mal aux pieds) se fait constamment sentir au sein de la maison.

Et qu’on ne s’y trompe pas, le cadet, d’à peine 14 mois, est un antagoniste aussi virulent que l’aîné de bientôt 4 ans.

Ne parlons pas du territoire « Maman ». Je suis un îlot de guerre perpétuelle ! Lorsque ce n’est pas l’aîné qui scande les discours à son frère de « Ma maman ! »,

c’est le petit qui tape le grand ou le pousse pour l’éloigner de moi et s’approprier toute mon attention.

Si je regarde ou félicite l’un plus que l’autre, une compétition d’à « qui pisse le plus loin » du plus capable s’engage pour rivaliser d’attentions maternelles.

Inutile de préciser qu’il m’est IM-PO-SSI-BLE de faire câlin aux deux simultanément.

Si j’ai le malheur d’essayer, une lutte à coups de griffes et de cheveux tirer s’engage alors.

Et pourtant…

les deux sont capables de me faire des remontrences pour défendre l’honneur de l’autre,

si l’un pleure, l’autre va au choix, faire le clown, lui faire des câlins ou chercher à le rassurer.

Lorsque le petit se réveille le week-end, le grand le rejoint systèmatiquement dans sa chambre pour jouer avec lui et l’occuper en attendant qu’on se réveille (ba oui les deux se réveillent avant nous, que voulez-vous).

Ils adorent rire ensemble.

Lorsque le cadet observe son aîné, on sent de l’admiration dans son regard et une puissante envie de le suivre partout.

Lorsqu’il joue dans son coin en secret avec les jouets de son grand-frère, il reproduit clairement le comportement du grand.

Lorsque j’en laisse un le matin à l’école, il lui est impensable de ne pas faire au moins 10 câlins et 38 bisous à son petit frère.

Il y a un amour et une tendresse entre eux indéniable.

Mais il y a un moment (territoire temporel ?!) pour la tendresse et un autre pour les « fou moi la paix »…. 😉

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