De tout mon coeur

Je viens d’achever la lecture d’un texte bouleversant. Une lettre d’amour d’une amie à sa famille. Paralyser par le deuil, son cœur nécessitait un message d’urgence,  pour crier aux uns les mots tuent aux autres,  car après tout cela va de soi, puis de toute façon on a tout le temps du monde… ou pas.

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Ma réaction naturelle est de répondre à ces appels de douleurs en lançant à travers mes réponses tout l’amour que j’ai pour cette personne. De lui ouvrir totalement mon cœur pour que l’espace d’un moment, elle vienne s’y reposer sereinement, oublier, être enveloppée et reparte apaisée.

Enfin c’est ce que j’imagine.

Comment, alors que j’y met tout ce que j’ai,  pourrait-il en être autrement ? Est-il seulement possible que l’autre ne perçoive pas la puissance que j’ai mis dans ces quelques mots ? Dans ce geste de soutien totale en la prenant dans mes bras cette fois-là ? Dans cet oubli de soi en envoyant balader tout mon programme demain juste pour venir la voir malgré une deadline déjà impossible à tenir ? On ne peut ignorer de tels sentiments qu’on reçoit,  si ?

Il semblerait que ce soit pourtant le cas…

C’est pourquoi les gens écrivent. Mettent de telles envolées lyriques sur leurs maux. Parce qu’autrement, nul ne le devinerai jamais. Alors ils composent, en imposent, font de belles proses. Ils sont lus, acclamés, car leurs mots raisonnent dans le cœur des autres. Les lecteurs se retrouvent dans ce qu’ils lisent, la mélodie leur parle.

Mais comment fait-on quant on a pas la science des mots ? Lorsqu’on assemble les pièces d’un puzzle compliqué qui reste silencieux pour les autres ? Que nul ne semble comprendre la symphonie que l’on vient de composer alors qu’elle était pourtant l’achèvement de tout ce qu’on a ?

Doit-on se taire ? Taire nos sentiments parce que finalement personne ne peux les comprendre ? Ou tenter vainement d’apprendre Leur langue jusqu’à l’épuisement mental ?

Je ne cesse pourtant pas de sentir.

Ressentir ce besoin de partager mes émotions. Mon bonheur, comme ma tristesse ou le soutien pour autrui. Mais mon instrument pour jouer ma musique semble cassé. Il sonne faux aux oreilles des autres.

Peut être est-ce la raison qui fait que je ressent aujourd’hui avec une telle intensité chaque sentiment. Ils me submergent tel un tsunami, me noient à chaque seconde, et je m’épuise souvent en essayant de retrouver la surface.

Mon inconscient s’oblige à ressentir si fort pour compenser le fait qu’il irradie si peu; que la tempête que j’exulte devienne brise légère. Ce qui atteint mon entourage n’est finalement qu’un très vague écho du sentiment initial. Je pallie donc à mon défaut de langue par une augmentation du potentiel affectif. A croire que ma tête n’a rien compris.

Quelques mots dissonants pour vous dire, toi ma sœur, toi mon amie, je vous aime, et même si mes mots sont un peu gauches, je suis là.

Comment retrouver la magie des cadeaux ?

Les 4 ans de Merveille arrivent à grand pas…

Et tout l’entourage nous demande quel cadeau ils peuvent acheter. Et bien c’est un vrai casse tête !

grand parents maternels + grand parents paternels + 3 tantes (dont 1 marraine) + 1 oncle + 1 parrain + ses parents = un petit garçon hyper gâté à chaque fête.

Sa chambre est rempli de jouets; avec son père, nous trouvons même quil en a beaucoup trop, au point de ne pas comprendre la chance qu’il a. J’ai le sentiment qu’il y a comme un côté désabusé aujourd’hui chez beaucoup d’enfants. Ils ont des chambres remplis de jouets et considèrent néanmoins qu’ils n’en ont jamais assez. Ils jouent 2 fois avec un jouet avant de l’abandonner dans un coin.

Petite, avec mes soeurs, nous avions bien moins de cadeaux et ne les en apprécions que plus. Nous chérissions ceux que nous avions et jouaient avec au point qu’ils aient ce côté usé du « souvent utilisé ». Recevoir des cadeaux à Noël et à mon anniversaire était pour moi une source d’émerveillement. C’était une joie sincère et profonde que je ne trouve plus dans le regard des enfants de maintenant. Et quand j’en parle aux autres parents, nous tombons tous d’accord sur ce ressenti commun.

J’ai beaucoup réfléchi sur la solution a y apporter : Faire un gros cadeau commun pour qu’il en ai moins ? Oui, mais le hic c’est que tout le monde préfère acheter un cadeau plutôt que verser une participation. Ils ont l’impression de recevoir moins de crédits si ils participent.

Du coup, nous avons opté pour des cadeaux ludiques, qui sont je pense le moindre mal. Là où Merveille réclame à tord et à travers dinosaures et voitures qu’il a déjà en nombre conséquent, nous avons plutôt opté pour des jouets mûrement réfléchis :

Un vélo. Il n’en a pas fait la demande mais je pense que c’est une bonne chose pour l’aider dans sa motricité (il tombe souvent), lui muscler les jambes (il a très peu de force dans les jambes), et lui faire faire un peu de sport (il déborde toujours d’énergie, cela l’aidera à en évacuer un peu et c’est bon pour la santé). Nous sommes aller en magasin hier voir quelle taille/modèle lui irait bien. Il a tellement aimé que nous n’arrivions plus à l’en décrocher…

Un déguisement de spiderman. Je confesse ne lui avoir jamais acheté de déguisement. Du coup, à la dernière fête de l’école, j’ai eu un peu honte car Merveille était le seul sans déguisement… Ce cadeau-ci est à sa demande. J’ai trouvé que c’était une bonne idée socialement (ainsi il ne sort pas de la masse en étant le seul sans rien, et le sujet est à la mode dans les cours de récré), et pour l’imagination (car cela lui permet de développer ses capacités d’invention à traver les histoires qu’il crééra en portant ce costume).

– Du Super Sand. C’est du  sable 100% naturel et hypoallergénique qui permet de créer des sculptures de sable. Le concept est le même que celui de la pâte à modeler, sauf que c’est très doux au toucher, très facile à utiliser, c’est d’une seule couleur (ainsi on ne conclue pas l’atelier par une seule boule multicolore ultra moche), et si on l’oublie, ça ne sèche pas ! Merveille l’a testé au nouvel an chez une tante et il avait tellement apprécié, que ça fait 6 mois que j’ai ce cadeau en tête. C’est donc bon pour l’imagination comme pour le développement sensoriel (lui et Lumière apprécieront le toucher), l’imagination et la créativité.

– Le coffret de lecture Montessori. Il adore les livres mais l’alphabet ne semble pourtant pas l’attirer. Je veux par ce biai l’initier aux lettres de manière ludique en me basant sur une méthode d’apprentissage que j’apprécie grandement car elle respecte l’enfant.

Quoiqu’il en soit je me rend compte que je finis invariablement par échouer soit chez Oxybul soit chez Nature & Découverte, car ce sont des enseignes axées sur les développements cognitifs de l’enfant à travers des jeux ludiques, visuellement agréables et très sympathiques.

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Bientôt 4 ans et 3 opérations

Merveille n’aura 4 ans que fin juin, mais déjà 3 opérations de prévues… La première est aujourd’hui.

Opération n°1

Lors de la visite de contrôle pour son premier anniversaire, la pédiatre s’est inquiétée que ses testicules descendaient difficilement. Elle nous a envoyé voir un urologue, qui nous a dit ne rien pouvoir faire pour le moment. Que ça pouvait descendre avec le temps.

Pour ses 3 ans, la pédiatre nous a pressé pour y retourner. Ne voulant pas faire face au verdict que nous savions devoir venir, nous avons quelque peu traîné à prendre ce rendez-vous. Nous l’avons finalement pris 7 mois plus tard. Et le verdict fût sans surprise hélas : « Votre fils va devoir se faire opérer sinon il sera stérile et aura des soucis hormonales à la puberté« . Puis comme il y a des risques d’infections post-opératoires, pour éviter que cela ne le rende définitivement stérile si ça arrivai, il est opéré d’une testicule aujourd’hui et l’autre est pour une prochaine fois…

Opération n°2

Une prochaine fois où il se fera également opérer du nombril, car il a une hernie ombilicale qui peut s’avérer dangereuse plus tard. On en saura plus sur la prochaine opération tout à l’heure j’espère.

Et là on ne culpabilise pas du tout de ne pas avoir été foutue de suivre la notice de montage comme il faut pendant la grossesse… Mais je reviendrai dessus ultérieurement.

Opération n°3

Enfin, on a appris par hasard, qu’il devrait potentiellement y passer une troisième fois pour une ablation des amygdales. Petites teignes qui seraient à l’origine de pas mal des soucis de Merveille.

Et dans tout ça, essayez d’expliquer à un petit bout de 3 ans et demi, qu’il va se faire opérer, sans lui véhiculer le méga stresse qu’on ressent. On dit merci au petit livret BD qui nous est fourni, et qui raconte le tout avec des termes et des images à sa hauteur.

>> Avez-vous déjà eu à faire face à une opération de votre enfant ? Comment vous y êtes vous pris(e) pour le/la préparer ?

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Evanescence

2 mois de silence, 2 mois d’absence.

Pris dans les roulis d’une tempête, qui s’est déchaînée dans ma tête, dans la famille, dans nos vies… Je n’ai donc pas eu le temps de venir entretenir ce jardin. Les mauvaises herbes de l’absence d’entretien poussent et ainsi me font oublier l’habitude de venir. Mais je garde dans un petit coin de ma tête, qu’il faut que je revienne. Pourquoi faire me direz-vous, il y a déjà tellement de blogs parentaux ? Et bien, pour moi dans un premier temps. Puis pour donner des nouvelles aux expats dans un deuxième temps. Et enfin, pour toutes celles et ceux que ça pourrait ne serait-ce qu’un minimum aider.

Mais sachez-le, Non le blog n’est pas mort, il est juste endormi. Il attend… il attend après le temps.

Début mars nous aurons déménagé (oui encore!), nous aurons quitté cette maison qui n’apporte que des problèmes, je viendrai à ce moment-là tout vous raconter des 2 mois passés.

A très vite ! 😉

Il adore m'empreinter mon appareil pour photographier tout ce qui lui plaît.

Il adore m’empreinter mon appareil pour photographier tout ce qui lui plaît.

Ce besoin de se connecter

Je ne vais pas faire un article sur une addiction quelconque à internet ou sur quelque réseau sociaux que ce soit. Aujourd’hui j’ai envie de parler de connexions humaines.

Des petites miettes par-ci par-là

J’ai ce besoin depuis que je suis devenue maman de créer, mais surtout d’entretenir toutes les connexions possibles pour mes fils avec leur passé, leur Histoire.

Je le fais au travers de carnet comme Babynote, de cahiers que je noircis d’anecdotes à chaque nouveautés dans leur comportement, dans leurs habitudes, dans leur vie.

Mais aussi à travers le lien avec leurs grand-parents qu’on entretient le plus possible. On voient très régulièrement les parents de Prince charmant, et pour les miens qui n’habitent plus en France, on regarde quotidiennement leurs photos en reparlant des moments passés avec eux pour qu’ils ne les oublient pas.

Enfin, je perpétue certaines choses de mon enfance et de celle de leur Papa : que ce soit la tradition du sapin qu’on décore le jour de la Saint-Nicolas dans ma famille, ou les affaires et jouets d’enfance de Prince charmant que sa maman a gardé et qu’on transmet aujourd’hui à nos 2 fils. Comme la brassière qu’il a porté à la naissance et que ma belle-mère nous a proposé un peu timidement, pas certaine que nous en voudrions. Qu’elle bonheur j’ai eu quand je l’ai vu ! J’ai tout de suite su que ce serait le premier vêtement que porterai chacun de nos enfants à leur naissance, et c’est ce qu’il s’est passé.

Comme un livre d’Histoire

Mais en plus, je suis une addicte des photos. Je les photographies tout le temps, pour garder une trace plus tard, pour eux, pour moi. Ces photos sont mes trésors, car je ne me contente pas de les photographier et puis basta; je trie ces photos, sélectionne mes préférés et les plus représentatives des jours passés, puis j’en fais un livre photo une fois par an. Livre photo qui est ensuite régulièrement compulsé aussi bien par moi que par Merveille. On les « lit » ensemble. Tantôt c’est moi qui conte l’histoire liée à telle photo, tantôt c’est lui qui me raconte son souvenir autour de telle autre. C’est une autre forme de livre d’Histoire et d’histoires : c’est la nôtre !

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Pourquoi faire ?

Je ne sais si cela vient de l’absence d’une quelconque famille du côté maternelle (des gens toxiques avec qui le contact a été rompu) ou parce que finalement je n’ai quasiment aucune trace de ma naissance, de ma petite enfance, tout simplement parce qu’à l’époque ça ne se faisait pas et les photos étaient trop chères pour en faire en dehors des grands événements.

Mais j’ai besoin qu’ils sachent plus tard, qu’ils voient comme ils sont aimés. Mais aussi qu’ils se rendent compte que ce n’est pas si facile d’élever un enfant, toutes les questions que ça soulève, les craintes, les espoirs, les peurs. Et surtout la multitude de merveilleux souvenirs que ça prodigue.

Ainsi plus tard, quand et si ils deviennent parent à leur tour, ils pourront tirer le meilleur de l’éducation qu’on leur aura donné à travers toutes ces traces laissées et améliorer ce qu’ils jugeront ne pas avoir convenu.

Maîtresse, que fais-tu ?

Je vous parlais dans mon dernier billet du côté très privé de Merveille. Du fait qu’il refuse d’échanger sur ce qu’il fait ou apprend à l’école. Parfois quelques indices fuitent : une chanson chantée pendant qu’il joue, un manteau qu’il souhaite parfois mettre seul, une soudaine amélioration des coloriages… etc.

Cependant en tant que parents, comment être sûr qu’il n’est pas si silencieux parce que ça se passe mal ? Même en lui faisant confiance et sachant qu’au final on ne pourrait quasiment rien y faire si ça se passait mal, on a voulu savoir, histoire d’être fixés et potentiellement rassurés. Il n’y avait donc pas plusieurs manières pour ce faire : on a demandé un rendez-vous avec la maîtresse.

Égal à lui-même

Nous avions rendez-vous le soir en rentrant du travail. La maîtresse (Mme E.) a eu la gentillesse de nous attendre jusqu’à 17h45 pour nous rencontrer. Nous n’en avions pas parlé à Merveille pour ne pas le perturber, ni sembler intrusif à son égard, car quelque part ce rendez-vous était passer outre son désir de vie privée.

Elle nous a donc appris qu’il avait des amis « réguliers » avec qui il jouait, mais qu’il avait aussi ses moments privés. A chaque récréation, il répète le même schéma : il joue avec ses copains et tout à coup un déclic se fait (qui est apparemment notable dans son comportement, car Mme E. nous disait toujours pressentir quand il allait arriver) et hop il part en courant jouer seul pendant 5-10 minutes, puis revient jouer avec ses copains comme si de rien n’était.

Très pipelet et participatif, il faut souvent qu’elle lui rappelle de laisser parler les autres ou chanter moins fort lors de la choral pour qu’on entende les autres également. Il s’exprime néanmoins très bien d’un point de vue construction de phrases et a un vocabulaire diversifié, mais ne fait pas d’effort pour articuler. C’est trop fatiguant pour lui 😉 Je n’ai pas osé lui dire qu’avant il articulait très bien mais avait arrêté depuis la naissance de son petit frère.

Dans la même lignée, il sait beaucoup de chose et aime le montrer, ou serait-ce plutôt par plaisir de pouvoir ainsi parler ? 😉

Il est très câlin et aime être dans les bras de sa maîtresse.

Bref, il est heureux à l’école (même si il ne loupe pas chaque matin de me dire qu’il préférerait rester à la maison avec moi).

Une pédagogie singulière

Après un bref sondage des parents autour de moi, j’ai appris que tous avait un cahier contenant les activités de leur(s) enfant(s) qu’ils récupéraient plus ou moins régulièrement. Et c’était valable aussi bien pour des parents d’autres villes que pour ceux de la nôtre.

Il y a 4 écoles primaires dans notre ville, Merveille est dans celle du quartier nord, son cousin dans celle du quartier est et l’enfant d’un collègue, dans celle du quartier ouest. Mon neveu récupère son cahier tous les vendredis et le fils de mon collègue à chaque vacances. Mais pour Merveille, nous n’avons rien eu depuis la rentrée. Le rendez-vous avec Mme E. avait donc double valeur, puisque nous souhaitions également être informé de ce qu’ils apprenaient et si nous aurions nous aussi des traces de ce qui était fait en classe.

Elle nous a expliqué qu’il y avait peu de traces car elle fait tout par des jeux inventés pour y mélanger plusieurs compétences : Apprendre à reconnaître couleurs et formes ou formes et nombres simultanément, faire une activité manuelle en chantant afin de superposer parole et action… C’est pourquoi elle note sur une feuille l’ensemble des réponses des enfants pour chaque activité, qu’elle expose en dehors de la classe pour les parents. Sauf que si notre enfant est au centre, on ne passe jamais devant cette feuille et ne peut donc voir le compte-rendu. La seule trace qu’on aura réellement sera à Noël avec les « évaluations » qui seront faites un peu avant.

Elle a eu la gentillesse de nous exposer tout ce qu’elle leur avait fait faire depuis la rentrée afin qu’on sache ce que Merveille avait donc appris. La pédagogie qu’elle nous a expliqué semble vraiment intéressante et convaincante dans son efficacité. Et les retours d’autres parents que j’ai eu sur sa façon de faire abondent dans ce sens.  Mais je regrette néanmoins de ne pas avoir de trace. Moi qui adore conserver ce genre de chose pour les ressortir plus tard, je suis un peu déçue.

Au final, tout se passe bien. Nous sommes rassurés et savons donc où il en est.

Un petit garçon très privé

Novembre est déjà là, bientôt décembre, et pourtant impossible de savoir ce que Merveille fait ou a appris à l’école. Il compartimente ce qu’on pourrait limite désigner comme « ses 2 vies« . Il y a celle de la maison avec sa famille et puis celle de l’école avec ses copains, sa maîtresse et les ATSEM.

Merveille que fais-tu ?

Chaque soir depuis la rentrée, je lui pose la même question « Qu’as-tu fais à l’école ? » qui appelle invariablement la même réponse « Rien, j’ai joué et j’ai mangé à la cantine. » Il refuse de m’en dire plus. Si je lui demande ce que sa maîtresse lui a appris, il me rétorque qu’il a seulement joué aux voitures.

Si je lui demande si il a des copains, il me répond oui mais change les prénoms de ces fameux copains d’une question à l’autre, même si je viens de la lui poser 5 minutes avant. Je pense que d’une certaine manière, il a un côté très privé, où sa vie ne regarde que lui. Il est vrai qu’en y repensant, il a toujours procédé ainsi.

Encore la dernière fois qu’il a passé une journée avec ses grands-parents, ils l’ont emmené faire du poney, voir les vaches…etc. Mais quand je lui ai demandé le soir ce qu’il avait fait, il m’a répondu qu’il avait simplement joué avec eux. Il a fallu que je lui dise « Mais ne t-ont-ils pas emmené faire du poney ? », alors il a acquiescé, sans m’en dire plus.

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Merveille qui es-tu ?

C’est pourtant un petit bonhomme qui ADORE parler. Il est vraiment pipelet et n’hésite pas à nous raconter 36 fois un même truc juste pour le plaisir de parler. Il est également très curieux de tout, veux toujours tout savoir et tout comprendre. On pourrait donc penser que sa nature l’amènerai à plus partager sur sa vie, mais il n’en est rien. Sa vie est sienne et ne regarde que lui. Je le respecte, c’est son choix et même si il n’a que 3 ans et demi, il a droit comme tout à chacun à son jardin secret.

Mais il est vrai qu’il est difficile de ne pas savoir, d’être d’une certaine manière exclue d’une part si importante de vie, lui qui pourtant est tellement câlin et tellement œdipien avec moi. Mais ça ne justifie pas à ses yeux de passe droit. Ça montre quelque part à quel point il a un caractère bien posé et c’est rassurant finalement. Il ne se laissera pas marcher sur les pieds.

Cependant, le plus dur en tant que maman est de réussir à assimiler sentimentalement parlant, que mon bébé n’en est plus un et ne dépend plus entièrement de moi; Qu’il a un jardin secret à lui que je ne peux atteindre ni partager.

Peut-on fermer la porte aux bons moments par peur des mauvais ?

« Peut-on fermer la porte aux bons moments par peur des mauvais ? » C’est la question que m’a posé Prince charmant lorsque je lui ai dit que finalement je ne voulais pas de troisième enfant un jour.

Nous avions été la veille voir « Nos étoiles contraires » au cinéma, où la protagoniste principale dit cette phrase très juste : « Il y a une chose pire que de crever du cancer, c’est voir son enfant crever du cancer ». Je me suis dit que si cela devait arriver à l’un de mes enfants, je ne pense pas que j’y survirai, ni que j’aurai la force qu’ont les parents dans le film de surpasser leur chagrin pour aider leur fille à apprendre à vivre, plutôt que de se contenter de survivre.

Vivre le cancer de ma marraine m’a dévasté lorsque j’étais adolescente et je ne pense pas que j’aurai la force mentale de revivre ça un jour. C’est pourquoi en sortant du film je me disais que lorsque je pense aux nombreux moments de bonheur avec mes fils, j’ai clairement une pulsion d’amour qui me dit que j’aimerai un jour avoir un troisième, mais à contrario, après la chute de Merveille, ce genre de film ou la crainte de tout ce qui peut leur arriver, j’en conclu que je suis bien assez angoissée, que je préfère ne plus avoir d’enfant pour ne pas avoir à subir pour un troisième être la peur de tout ce qu’il pourrait lui arriver, comme je la subis déjà pour mes 2 princes.

Parfois j’ai l’impression d’être seule à sur-angoisser comme ça pour mes enfants. A craindre à chaque chute, chaque jour passé chez leur nounou ou à l’école, chaque voyage en voiture sans moi…etc. J’ai beaucoup de mal à relativiser et à mettre mes angoisses en sourdine.

Je me demande souvent comment les autres mamans le vivent ? Si comme moi, elles le vivent mais n’en parlent pas plus que ça, ou si elles arrivent à gérer leurs angoisses naturellement ? J’aimerai tant réussir à comprendre comment faire de même, ça m’éviterai de gâcher tant de bons moments…

> Et vous, plutôt maman angoissée ou maman zen ?

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L’angoisse d’une maman poule

Je vous souhaite que ce ne soit pas votre cas, mais pour moi c’est officiel : je suis une maman angoissée.

A peine prince Merveille était né que j’ai passé 6 mois horribles à craindre la mort subite du nourrisson, angoisse que je revis actuellement avec prince Lumière; Au point de sauter hors du lit comme une furie pour vérifier sa respiration dès qu’il ne respire plus assez fort pour que je l’entende. Laisser l’aînée chez la nounou était un supplice pour moi car je craignais toujours un accident dès qu’il n’était plus sous ma surveillance. Et je sais pertinemment qu’il en ira de même avec Lumière à la rentrée.

Alors, imaginez l »horreur lorsque le parrain de Merveille a proposé de l’emmener à un parc d’attractions avec ses fils. En tant que mère aimante, ne voulant pas étouffer mon fils et souhaitant qu’il vive des moments particuliers avec son parrain, j’ai donc dit oui… quand tout mon être hurlait « Non mais ça va pas la tête ?????!!!! C’est hors de question ! »

Les sorties avec d’autres sont pour moi l’équivalent des forces maléfiques auxquelles les princesses et princes doivent faire face pour avoir leur happy ending. Merveille, en tant qu’enfant royal typique d’un conte de fée, se laisse envoûter par l’enchantement du sort lancé contre lui, tel Aurore touchant la quenouille interdite : « Super ! Je vais au parc avec parrain ! ».

Moi de mon côté, j’essaye de contrer le sortilège autant que faire se peut (Non, je vous rassure je ne l’enferme pas dans une tour jusqu’à ces 18 ans. Quoi que… 😀 Cette solution me plaît assez). Hélas je me contente d’aller contre ma nature maladivement inquiète en laissant son parrain l’emmener, mais non pas sans lui recommander mille et un sms m’informant tout au long de la journée que le précieux colis va bien. Néanmoins, cela ne m’empêche pas malgré tout de me faire un sang d’encre, les yeux rivés sur les aiguilles de ma montre, espérant ainsi les faire avancer plus vite grâce au pouvoir de mon esprit (même si tout le monde sait pertinemment que ça ne les en rend que plus lentes), jusqu’à ce qu’il me revienne sain et sauf enfin.

Et le pire, c’est que ce n’est que le début de ce genre de sortie… Bientôt viendront les goûters d’anniversaire, les sorties scolaires… etc. Il me faut trouver une parade enchanteresse pour sortir victorieuse de ses futures batailles !

>> Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à en faire part 😉

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Une grossesse surprise

Suite à un retard de règles peu inquiétant, vu que je suis souvent déphasée par les fortes chaleurs, j’ai fait un test de grossesse au levé du lit ce matin pour voir. Histoire d’être rassurée…

Je fais pipi sur ce fameux bâtonnet, tant prisé par nous les femmes, puis regarde le produit monter à travers les 2 petites cases pendant 10 secondes, sans réagir plus que ça, excepté dans la case de test. Je me dit « bon ba pas enceinte sinon ça aurait réagit de suite ! Le retard est juste dû à un cycle qui me tape son caprice. » Je pose mon bâtonnet, me rhabille et prend mon test pour le jeter à la poubelle. Sauf que… une seconde ligne a commencé à apparaître. Sortant du lit depuis 5mn, je me dis que je n’ai pas encore les yeux en face des trous et regarde cette seconde barre de plus prêt. Ba oui, on ne sais jamais, des fois qu’elle ai décidé disparaître par magie. Ah ba mince alors ! Y a pas à tortiller, une deuxième barre fonce bien de seconde en seconde.

« Mais… heu… petite minute papillon ! Je ne suis pas en essai BB2. On ne devait pas commencer les essais avant 5 mois ! No way…! » Et là c’est le déluge d’émotions, à tel point qu’on arrive même pas à savoir quel sentiment correspond à quoi. Alors que fais-t-on dans ce cas là ? On file voir son cher et tendre car lui saura dire ce qu’il se passe. J’avance donc vers la cuisine, puis le regarde, il me tourne le dos. Que dois-je dire ? Comment amener la chose ? Je sais qu’il va sauter de joie, il le veux depuis mars ce nouvel arrivant. Mais suis-je prête à affronter son bonheur ? Comment ça « son » bonheur ? Et moi, je ne suis pas heureuse ? Ba… je pense à mon fils, à notre petit F3, en me demandant où on va mettre ce nouveau BB. Milles questions déferlent en même temps dans ma tête. Pourtant seulement 5 secondes se sont écoulées ! Puis il se retourne et me fait face. Il regarde ma tête décomposée et se met à sourire. Ravi en voyant ce test dans ma main. Pas besoin de connaître le résultat, il le sait juste à mon visage. Son bonheur me met mal à l’aise, mais m’aide à me recentrer :

– Un deuxième mini nous : on en voulait un après tout. C’est juste un peu plus tôt, ce n’est pas si grave.

– Les finances : on a le temps de voir venir.

– Mon fils : ça lui fera un petit frère ou une petite sœur proche. (Il a 25 mois)

– L’appart : on va juste essayer d’accélérer le potentiel déménagement.

Du coup, me revoilà partie dans la folie des rendez-vous : médecin, PDS, appel de ma sage-femme, etc… Journée quelque peu irréel. Vivement ce soir et le sourire de mes hommes pour me remettre les pieds sur terre, car seule, la pilule est dure à avaler malgré tout.