À qui il ressemble ?

Neuf mois d’attente à le caresser à travers notre ventre, le bercer en notre sein.
Une fois le prénom enfin choisi, le prononcer en cachette encore et encore, en l’imaginant : nous sourire à 6 mois, se retourner surpris à 4 ans et même nous répondre un « quoi maman ? » exaspéré à 10 ans. Bref, on l’imagine ! Mais quel visage lui donnez-vous ? Plutôt de vous ? Plutôt de votre moitié(e) ? Allez du 50/50 et c’est mon dernier mot !
Puis vient le jour J, un bébé tout neuf vient de naître et déjà les premiers visiteurs se pressent pour venir le rencontrer. Et là, l’Ultime question tombe « À qui bébé ressemble ? » « Oh moi je dirai que c’est le portrait craché de sa maman » « Mais non regardes c’est clairement son père ! » « De toute façon c’est génétique, tout le monde sait que les bébés ressemblent à leur père à la naissance, comme si la nature voulait les rassurer« . Et voilà tout est dit…
Tout le monde y va de son prognostique. Et cette ritournelle recommence à chaque fois qu’on croise untel ou unetelle. « Oh comme ton enfant a grandit, c’est clairement toi là dans ses traits« .
Ce scénario vous est vaguement familier ? Il fait écho à quelques vécus ?
C’est normal, je ne crois pas me tromper en affirmant que c’est globalement universel. Même nous, parents, cherchons constamment dans le visage de notre progéniture, l’affirmation physique qu’il ou elle tient de nous. C’est un phénomène qui nous rassure dans le fond, voir même qui nous rend fière, de pouvoir déclarer aux autres « mon enfant tient de moi ».
Moi-même je suis à la recherche de cette ressemblance sacrée chez mes fils (totalement absente soit dit en passant ! Heureusement que j’ai accouché d’eux sinon je pourrai me poser des questions ;-p ).
Puis, j’ai dernièrement dû entendre cette question une fois de trop il y a peu. Lorsqu’elle a été prononcée, elle m’a comme choqué, et je me souviens m’être dit « et après ? Ce n’est pas une nécessité ? Ça changera quoi qu’ils me ressemblent ou pas ? D’autant que je ne m’aime pas alors mieux ne vaut pas dans le fond, si ? »
Depuis je me pose la question de ce qui nous pousse à ressentir ce besoin ? Besoin de prouver que ce sont bien nos enfants ? Nécessité de se revoir jeune en eux ? Fierté ? Oui mais fierté de quoi ?
Qu’en pensez-vous ? Qu’avez-vous ressenti à cette question ? Vous cherchez-vous ou votre conjoint(e) en votre bébé au fur et à mesure de son évolution ?
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